Rapport sur la santé mentale des soignants par le Think tank Institut Sapiens
L’Institut Sapiens, think tank indépendant, a publié en février 2026 une note consacrée à la santé mentale des professionnels de santé, rédigée par Marie‑Victoire Chopin, docteure en psychologie et spécialiste de la fonction publique hospitalière.
Le rapport souligne que la santé mentale des soignants constitue aujourd’hui un déterminant stratégique de la soutenabilité du système de santé, et ne peut plus être considérée uniquement sous l’angle du bien-être individuel.
Après un état des lieux de la situation des soignants et de leur exposition professionnelle spécifique, la note met en évidence plusieurs facteurs structurels de dégradation de la santé mentale : intensification du travail, horaires atypiques et imprévisibles, faible autonomie dans des organisations très hiérarchisées, ainsi qu’une inflation des tâches administratives et numériques.
Ces évolutions peuvent conduire à des situations de « travail empêché », dans lesquelles les professionnels se trouvent dans l’impossibilité de soigner comme ils le souhaiteraient, générant perte de sens et fatigue cognitive. L’ambivalence du numérique et de l’intelligence artificielle est aussi mise en avant : s’ils peuvent alléger certaines tâches, ils peuvent aussi complexifier le quotidien s’ils n’ont pas anticiper la capacité d’insertion dans un environnement complexe et où les soignants sont déjà très sollicités. Ils peuvent aussi atteindre l’identité même des soignants en les amenant à un unique rôle de validation et contrôle.
Enfin, la culture professionnelle du soin, marquée par une forme de « bravoure » et de normalisation de la souffrance peut retarder la demande d’aide et dégrader fortement l’état de santé mentale.
La note propose également plusieurs recommandations. Retrouvez les ici
L’ensemble du rapport invite ainsi à considérer la santé mentale des soignants non seulement comme un enjeu individuel, mais comme une question d’environnement de travail : « Les recommandations individuelles en matière de bien-être ou de prévention sont souvent connues, mais repoussées dans le temps, non par ignorance, mais parce que l’organisation et la culture professionnelle rendent le recours à ces ressources structurellement difficile ».

