Deuxième édition du Baromètre des carrières infirmières de Charlotte K
Publiée en septembre 2026 et réalisée par l'Ifop, la deuxième édition du Baromètre des carrières infirmières de Charlotte K dresse un bilan préoccupant de l'état d'esprit de la profession. Trois ans après la première enquête, la satisfaction professionnelle s'érode davantage pour tomber à 31 % (contre 36 % en 2023). Une écrasante majorité des professionnels témoigne d'un profond épuisement physique et mental : 94 % se déclarent fatigués, 75 % expriment un état d'esprit à dominante négative et près de deux tiers (63 %) affirment avoir déjà vécu un burn-out. Parmi les principales difficultés rapportées figurent sans surprise la surcharge de travail (58 %), la fragilisation de la santé psychologique (49 %) et le sentiment que la rémunération ne suit pas l'accroissement des responsabilités (88 %).
En réaction à ces dégradations du quotidien, les envies de mobilité et de réorientation atteignent des niveaux inédits. Désormais, 87 % des infirmiers et infirmières envisagent une évolution hors de leur poste actuel (contre 79 % en 2023), et 63 % projettent carrément un changement de métier. Ces désirs d'évolution touchent aussi bien le secteur hospitalier que l'exercice libéral : 69 % des salariés déclarent avoir pensé à démissionner sur les douze derniers mois et 76 % des libéraux ont envisagé de cesser leur activité. Pourtant, comme le souligne l'analyse d'Hospimédia, ces mobilités se heurtent à un déficit majeur de soutien : 87 % des salariés n'ont jamais reçu d'accompagnement à l'évolution professionnelle de la part de leur établissement, et plus de la moitié des libéraux auraient souhaité être mieux préparés lors de leur installation.
L'étude met également en lumière un fort scepticisme face aux évolutions réglementaires et aux opportunités de formation. Bien que 91 % des professionnels aient entendu parler de la réforme 2025 du métier infirmier, près d'un sur deux (49 %) craint de voir augmenter ses responsabilités sans garantie de revalorisation financière adéquate. Lorsqu'il s'agit de sauter le pas de la reconversion ou de la montée en compétences, les soignants se heurtent à de solides obstacles financiers et logistiques : l'impossibilité d'arrêter de travailler ou de se former en parallèle (35 %), le coût des formations (34 %) et l'impact sur la vie personnelle (31 %) figurent en tête des freins identifiés. Ces constats soulignent l'urgence pour les établissements et les décideurs publics de structurer de véritables parcours professionnels et de mieux accompagner les transitions pour fidéliser les soignants.
