ÉTUDE HEART-DEATHS (rapport intermédiaire) : vécu des médecins face à la mort des patients
Accompagner les patients jusqu'à la fin de leur vie fait partie intégrante du métier de soignant. Pourtant, les conséquences psychologiques de cette exposition répétée à la mort restent largement méconnues. L'étude HEART-DEATHS réalisée auprès de 497 médecins documente le vécu et les émotions de ces praticiens face à la mort. Portée par l’association pour la recherche multidisciplinaire en cancérologie (ARMDC) et le collectif Les Survivants cette enquête propose une cartographie des émotions des médecins exposés à 10 situations de décès.
Les trois situations de décès décrites avec le plus d’impacts sont :
- Le suicide ou mort choisie par le patient, avec un impact de 7,2/10, qui génère une émotion principale de culpabilité (48,5 %) et émotion secondaire de remise en question (34,8 %).
- Le décès per/post-intervention, avec un impact de 6,8/10, qui génère une émotion principale de culpabilité (42,2 %) et émotion secondaire de colère (35,8 %).
- La mort brutale, avec un impact de 6,3/10, qui génère une émotion principale d’impuissance (30,9 %) et émotion secondaire de remise en question (23,9 %).
Au-delà du constat, le rapport intermédiaire de l’étude HEART-DEATHS formule six propositions afin de mieux préparer les soignants :
- Intégrer des modules de formations à la fin de vie Das la formation initiales
- Développer des dispositifs systématiques de soutien psychologique (Patient Death Débriefing Sessions) après un décès
- Créer un protocole de soutien à destination des soignants pour les suicides ou mort choisir par le patient
- Mener une étude prospective nationale
- Reconnaitre la fin de vie comme une mission de l’hôpital, afin qu’elle soit évaluée sur la qualité de prise en charge et sur les conséquences sur les soignants
À travers cette enquête, les auteurs appellent à reconnaître le deuil des soignants comme un véritable enjeu et appellent à une réponse. Ils soulignent notamment le DU « Les soignants et la mort, enjeux individuels, organisationnels et de santé publique », porté par l'UPEC (Université Paris-Est Créteil) sous la responsabilité du Pr Thibaud Damy, du Pr Erwan Flecher, du Dr Sophie Provenchère, du Dr Rebecca Dickason et du Pr Cédric Frétigné.
